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Jean Girard (1922-1993)

Né le 24 septembre 1922, mort le 2 novembre 1993 à Bourges, Jean Girard passe son enfance et son adolescence à Ainay-le-Château (Allier).

Reçu au concours d’entrée de l’École Normale d’Instituteurs de Bourges en 1938, il exercera le métier d’enseignant avec compétence et dévouement, élevant deux filles nées d’un premier mariage. D’une seconde union naîtront une fille et un garçon. Il aura, en somme, mené une existence banale et tranquille de fonctionnaire consciencieux et de bon père de famille, se plaisant dans la compagnie de ses nombreux amis.

Mais sa vraie vie est ailleurs. Il s’est donné une autre formation, sous la direction d’un grand peintre, Louis Thibaudet, nommé professeur de dessin et de peinture à l’École des Beaux-Arts de Bourges en 1943. Autour du maître naît une « École de Bourges » distinguée dès 1958 par la critique, qui la rebaptisera « Groupe de Bourges » en 1965. Le nom de Jean Girard est souvent cité aussitôt après celui de Louis Thibaudet dans l’énumération de ses disciples.

Jean Girard a nourri pour la peinture une passion dévorante qui a occupé tous ses instants libres et a quelque peu compliqué sa vie privée : quelle femme se serait accommodée longtemps d’une pareille rivale ? Mais il en est résulté un oeuvre important par la qualité, la diversité et la quantité de ce qu’il a produit. Il peignait sur le motif des paysages, souvent choisis dans son Berry natal, excellant à saisir les lignes et les couleurs vaporeuses de la Sologne, ses ciels brouillés, ses eaux dormantes et ses éclairages subtils et fugitifs (la longue série qu’il consacra à des paysages de neige dont il traquait sans fin les éclairages fut peut-être moins originale), mais rapportait de ses vacances bien des sujets nouveaux, en particulier de belles marines où flottait souvent le souvenir de sa terre natale, et cette série où il renouvelait la représentation de Venise. Il prenait les modèles de ses portraits et de ses natures mortes dans son entourage, et y montrait le même talent et la même sensibilité. Il pratiquait surtout, au début des années 1960, la peinture à l’huile et le fusain, puis il passa à l’aquarelle, en partie par économie – il fallait que son œuvre picturale s’autofinance – et aussi pour le plaisir d’affronter la difficulté de réaliser des œuvres fortes avec cette technique.

Disciple fidèle de Louis Thibaudet, il aimait par-dessus tout les maîtres flamands, s’enthousiasmait pour Watteau, les peintres impressionnistes et ceux qui les avaient immédiatement suivis, et pouvait visiter cinq expositions en deux jours sans accuser la moindre fatigue, porté par son enthousiasme. De Picasso, il disait que son génie était d’avoir su épouser tous les mouvements qui leur avaient succédé. De la peinture abstraite, alors triomphante, il disait « Mais il n’y a aucune différence entre le figuratif et l’abstraction, ce sont les mêmes choses qu’on aime dans l’une et l’autre ! », reprenant peut-être sans y penser, des propos de son maître tels que les rapporterait plus tard un de ses collègues et amis : « L’œuvre de Louis Thibaudet se situe à contre-courant des mouvements d’avant-garde qui ont existé à son époque. À l’écart des écoles modernistes, il pensait que ne pas se voir est nécessaire pour bien voir, tout en précisant qu’il n’y a pas d’art figuratif authentique sans abstraction et que peindre n’est pas copier la nature mais en trouver l’équivalence. » (Gérard Gautron, Peintre Enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts de Lorient – Le Berry Républicain – 7 octobre 1980, cité par Wikipédia.

Il avait toujours une exposition en chantier, qu’il préparait avec soin. Un catalogue de l’Abbaye de Noirlac (Cher), daté de 1988, situe les premières en 1961, 62 et 64, où il figure avec ses condisciples de « l’École de Paris » à la Galerie Bassano  et cite encore les suivantes :



Ces expositions connurent un succès de bon aloi, consacré par sa nomination comme enseignant à l'École des Beaux-Arts de Bourges devenue l’ENSA et transférée dans le bâtiment jésuite qui avait longtemps abrité le lycée Alain Fournier.

Au moment de son décès (septembre 1993) une autre se tenait à Bourges : son succès fut accru par le bruit de sa mort prochaine, les collectionneurs s'arrachant ses dernières toiles. Modeste, il n'aspirait qu'au titre de petit maître, ce qu'il fut pour le moins.

La galerie Bassano, 9 rue Grégoire-de-Tours, dans le sixième arrondissement, fit les beaux jours de la peinture figurative des années 1950 et 1960, et consacra en 1951 une exposition à « L'école de Bourges », qui réunissait autour de Louis Thibaudet, Jean Girard, Michel Brigand, Marchand, Gautron, Jean Mary, Galliano, etc
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