Presse  écrite et télévision

 

Dans le domaine de l'information, la presse écrite est durement concurrencée par la télévision, dont le témoignage parvient bien plus vite au public et quelquefois à l'instant même où l'événement se produit. Mais l'image y garde sa place, parce que les lecteurs ne peuvent s'en passer : le journal Le Monde, qui s'adresse à un public intellectuel, est longtemps resté fidèle à une présentation sans illustration, mais a dû multiplier les suppléments illustrés, avant d'ouvrir ses pages principales à la photo.

 

D'autre part la télévision, par son impact sur le public, domine largement le monde du journalisme et celui des médias. Soumise elle-même aux impératifs de l'audimat elle tend à imposer à tous ses propres valeurs : recherche du scoop, choix, dans le flot des événements, de ceux auxquels on fera un sort en fonction de leur caractère spectaculaire, ou émotionnel : mieux vaut pour elle un fait-divers sanglant ou une compétition sportive, que l'analyse d'un événement politique ou d'un phénomène social qui risque d'indisposer une partie du public. Dans le même temps, c'est elle et non plus la presse écrite qui distribue la notoriété : écrivains, artistes, savants, philosophes et... journalistes n'ont le sentiment d'exister que du jour où ils passent à la télé, ce qui donne un pouvoir démesuré aux télé-journalistes.